De la terre à l’assiette

Novembre 2012 - Signature de la convention de coopération pour le progrès de la restauration sociale collective

Le 28 novembre 2012, lors du Salon professionnel de la restauration collective en gestion directe organisé à l’Espace Champerret à Paris, le Siresco et la Fnab ont signé officiellement une convention de coopération inédite. Cet événement a été l'occasion d'affirmer la démarche de la terre à l'assiette du Siresco pour « contribuer à construire intelligemment un autre monde, respectueux de la terre et des hommes »

 

L’origine de cette démarche De la terre à l'assiette émane d’une demande des élus du syndicat. En 2009, ceux-ci décidaient en effet de se pencher sur les problématiques liées à l’origine et au suivi des produits, sur l’état des réglementations existantes concernant les classifications et les procédures d’achats, sur les questions relatives au biologique, à l’éthique, au développement durable (nature des approvisionnements, origine géographique, proximité des productions). Les élus du syndicat examinaient également avec attention l’intérêt grandissant suscité par les formules « bio ». En juin 2010, ils organisaient les rencontres « De la terre à l’assiette, bio, éthique, agriculture durable, coopérations, solidarités, service public ».

 

 

Cette étape de la démarche fait suite aux multiples échanges fructueux, aux nombreux contacts notamment avec les acteurs du monde agricole « bio ». Les deux mondes ont appris à se connaître, à échanger les points de vue, à partager les expériences et les savoirs. La restauration sociale collective est un formidable levier pour l’agriculture « bio ». Mais pour que la synergie fonctionne, il faut que les agriculteurs aient la capacité, organisée, de fournir les quantités adaptées à la dimension des plus de 13 millions d’euros d’achats de denrées alimentaires du Siresco pour servir quotidiennement 40 000 repas en période scolaire dès l’an prochain.

 

Pour répondre à la volonté des élus locaux, les difficultés de l’action sont celles liées aux enjeux de pérennité, de régularité et, parce que nous sommes en région parisienne, de proximité. Le Siresco travaille à les résoudre avec le GRAB d’Ile de France et la FNAB qui développent de leur côté des solutions logistiques durables avec des platesformes de commercialisation des productions primaires « bio ».

 

 

Alain Paton, président du Siresco

 

Une autre difficulté consiste à mettre en place les évolutions structurelles au regard du Code des marchés tout en interprétant celui-ci dans la vie de la restauration sociale. Des évolutions assez récentes des règles de la commande publique sont d’ailleurs bien utilisées. C’est donc à partir de ces réalités que le Siresco avance, produit par produit, dans l’objectif d’une évolution pérenne. Il ne s’inscrit pas la logique des quotas. Ce travail en commun avec la Fnab a débouché sur l’adoption de la première convention pour le progrès de la restauration sociale collective.

 

Cette coopération inédite vise à travailler le lien articulé entre ces deux mondes, une agriculture respectueuse de l’environnement et une restauration sociale qualitative en maîtrise publique. Les axes d’action sont l’accompagnement des mangeurs destiné à aider chacun à (ré)apprendre à manger mieux et plus sainement, et à remettre en perspective les enjeux de santé / bien-être liés à une alimentation équilibrée. Des premiers résultats sont obtenus en matière de qualité de produits dans l’assiette des convives, comme par exemple du pain «bio» servi tous les jours, des lentilles cuisinées, des produits laitiers, des fruits et mêmes des clémentines corses bio...

 

Pour que soient accessibles 
des approvisionnements alimentaires cultivés dans une proximité environnementale, 
il est essentiel de préserver les 
terres agricoles et d’aboutir à la reconversion de terres céréalières en terres maraîchères de proximité. Entre nécessité de préserver les territoires du développement de l’économie primaire agricole et la nécessité de réguler l’étalement urbain, des actions seront engagées en 2013. D’autres réflexions seront étudiées pour mieux penser la gestion des déchets, le recyclage des déchets organiques, le développement des jardins pédagogiques, les plantations dans les écoles, la réduction des emballages et de la consommation d’eau... La solidarité est également un élément important et des actions en faveur du commerce équitable sont régulièrement proposées.

 

 

Alain Delangle, secrétaire national de la Fnab

 

En dépit des limites et des contraintes imposées par les spécificités de l’Ile-de-France et du contexte général imposé aux collectivités territoriales, le Siresco et la Fnab s’engagent à poursuivre leurs actions en faveur du développement des productions alimentaires issues de l’agriculture biologique dans la mise en œuvre de la restauration sociale collective. Leurs grandes expériences et leur approche réaliste du terrain (approvisionnement, commande publique, capacités d’engagements économiques, capacités et contraintes techniques, capacités d’alimentation et sensibilités des convives) sont des points forts du processus engagé. Des actions très concrètes de formation, d’information et de mise en œuvre seront menées en 2013.

 

Dans ce contexte, cette convention constitue une étape importante de la construction partagée avec la Fnab; ce qui permet à Alain Paton, Président du Siresco, d’affirmer qu’il veut : « avec cette convention inédite, non plus rêver mais contribuer à construire intelligemment un autre monde ».

 

 

Crédit photos : Giorgos Zimiliagkos

 

 

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