Modernisation du site de production culinaire de Bobigny

Interview de Alain Paton, Président du Siresco

Le Président du Siresco explique les objectifs des travaux de modernisation et l'importance de la démarche de coopération avec d'autres structures publiques.

 

 

Pourquoi un tel projet aujourd’hui ?

 

Nous avons le souci de répondre aux besoins présents et d’anticiper l’accroissement de l’activité future. C’est un projet que nous préparons déjà depuis 2010.

 

La cuisine de Bobigny a 25 ans, a-t-elle déjà vécu des évolutions ?

 

À sa construction en 1989, la cuisine réalisait 3 000 repas par jour pour la ville de Bobigny. À partir de la création du syndicat avec Champigny-sur-Marne, en 1993, la capacité de production  a augmenté au fur et à mesure de l’adhésion des villes. Le Siresco a investi en permanence pour maintenir, améliorer et répondre aux besoins nouveaux, avec des matériels professionnels de plus grande capacité. Dans son agencement intérieur le bâtiment a déjà beaucoup évolué, par exemple l’atelier des préparations froides a été agrandi, les espaces de stockage du magasin ont été décloisonnés… Mais c’est la première fois que nous poussons les murs à l’extérieur.

 

Comment ce projet a-t-il été décidé et préparé par les élus du Comité Syndical du Siresco ?

 

Nous sommes parti d’un constat, l’évolution démographique de nos villes adhérentes augmente naturellement et pour la mesurer nous avons fait réaliser une étude démographique. Cette étude nous a conforté dans l’idée de la nécessité de restructurer le site de production de Bobigny. Les élus ont pris la décision lors du Comité Syndical de juin 2010 de réaliser des travaux d’agrandissement tout en prenant la mesure de la responsabilité de cette dépense publique, en ayant à l’esprit que cette cuisine appartient aux contribuables, que c’est un bien collectif qui offre une réponse à un réel besoin social. Un travail de concertation a été réalisé avec les agents de chaque atelier, de chaque service afin de définir et de déterminer avec l’encadrement les besoins et les améliorations à apporter. Beaucoup d’idées ont pu être mises en place.

 

La démarche de coopération avec d’autres structures publiques, en quoi est-ce important ?

 

C’est très important, nous faisons ici la démonstration de l’intérêt supérieur du service public qui domine sur le fonctionnement individuel. Tout en étant chacun autonome, les syndicats intercommunaux et les villes en gestion directe montrent la force du service public. Pour nous, l’entraide et la solidarité sont naturelles, car il n’y a pas de notion de profit. Le Siresco a souvent accueilli temporairement la production de cuisines de syndicats de restauration ou de villes. Il apporte aussi volontiers son expertise pour la création de structures publiques de restauration quand il est sollicité. Ce partage d’expérience permet de conforter le service public.

 

Comment le projet d’architecte a-t-il été sélectionné ?

 

Nous avons lancé un appel d’offre et nous avons sélectionné ce projet parce qu’il proposait une vision globale du bâtiment et un phasage très précis, indispensable à la bonne réalisation de la restructuration. Ce projet avait l’avantage de proposer des extensions modulaires. Nous avons éliminé d’office des propositions qui imposaient des calendriers plus complexes, donc plus risqués.

 

Quel avenir imaginez-vous pour le Siresco ?

 

Avec l’achèvement de la carte de l’intercommunalité, les collectivités territoriales ont l’obligation de se regrouper à l’échelle intercommunale, de manière consentie ou forcée. Les structures intercommunales, comme la nôtre, sont par conséquent plus confortées aujourd’hui. À l’époque où nous avons créé le syndicat nous étions dans les premiers à nous lancer dans cette aventure intercommunale pour la restauration collective. De plus, les investissements dans notre domaine sont devenus tellement importants qu’une collectivité seule a des difficultés pour les supporter. Travailler de manière collective, c’est plus rationnel.

 

Bien sûr, nous dépendons des évolutions législatives que nous ne maitrisons pas totalement mais nous sommes optimistes car nous constatons une tendance forte des collectivités territoriales qui se réapproprient cette activité de restauration sociale. Pour moi, c’est dans la logique des choses, ce qui est essentiel à la vie ne devrait pas être du domaine marchand.

 

 

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